Poèmes

 

 

HOMMAGE À CHARLIE HEBDO

 

Charb, Cabu, Wolinski...
authentiques tueurs à gags.
Avec vous, bûchers, goulags,
toutes les idéologies, les religions,
en quelques coups de crayon,
tous dans le même sacre.
À chaque page, un massacre.

 

Charb, Cabu, Wolinski,
ce n'était que ça. Hara-Kiri,
une lutte contre la connerie !
Des dessins qui piquent,
une chasse aux mystiques.
Mais jamais d'insultes.
Que des coups d'pieds au culte.

 

Charb, Cabu, Wolinski…
Ce 7 janvier, un an déjà.
Depuis, la barbarie a repris ses droits.
Mourez ou devenez musulman,
gare à celui qui n'est pas au Coran.
Une lutte cruelle dogme à homme.
Les attentats, l'horreur au maximum.

 

Charb, Cabu, Wolinski,
dessinateurs de l’éternel...
qui faisaient fi du ciel.
Une belle bande décimée
par la bêtise et la méchanceté.
C'est la fin de l'esprit Charlie
et avec ça, notre liberté abolie.

 

 


LE SUPPOSITOIRE

 

Je vais vous narrer une histoire
Qui restera dans les annales
La mienne, celle d'un suppositoire
Elle n'a vraiment rien de banal

 

Je vous en prie, ne riez pas
Au fond, il n'y a pas de quoi
Au fond de quoi ? me direz-vous
Pas n'importe où : au fond du trou

 

Eh oui, c'est quand vous êtes pâle
Que, fébrile, vous me déballez
Pour qu'aussitôt je vous empale
Quand tout va bien, vous me snobez

 

Des qualités, j'en ai pourtant
Vous savez, et pas qu'une
avec un petit défaut seulement
Celui d'être souvent dans la lune

 

Certains me traitent de feignant
Disent qu'il faut qu'on me pousse au fion
Mais un job aussi emmerdant
Ça n'engendre pas la passion

 

Suppo, oui mais pas de Satan
C'est sûr, je mériterais le ciel
Pour me fondre instantanément
Dans cet endroit pestilentiel

 

Si j'ai la forme d'un obus
Je vais toujours où c'est en pets
C'est un paradoxe incongru
Qui méritait d'être noté

 

Je suis peut être une fusée
Mais à quoi bon le croire
J'irai pas vers la voie lactée
Mais encore dans un trou noir.

 

Moi qui vaux un euro, c'est fou
À la fin, je serai dissout
Tu parles d'une dévaluation
Y'a de quoi faire une dépression.

 

Bon je vous laisse, je suis à la raie
J'ai un arrière-train à prendre
Adieu, pas besoin de m'attendre
Y'a pas d'retour, c'est qu'un aller

 

 


ILS SONT PAR MINOU

 

Il ne fait vraiment pas bon être chat.
Ici, la nuit tout les chats sont plats.
Ailleurs, et surtout en Asie, la nuit,
de Pékin à Séoul, les chats sont cuits.

 

Lions d'Afrique ou chatons en Espagne,
la terre n'est pas un pays de cocagne.
Partout, leur vie ne tient qu'à un fil,
ils ont des fins de siamois difficiles.

 

Pour eux, tout est dangereux
et avant tout l'homme. Fauve qui peut !
Je le leur crie à corps et à griffes,
je voudrais tant qu'ils se rebiffent.

 

Quoi, si c'est pas un génocide,
ça en matou l'air. Il faut qu'on décide :
noirs, tigrés, tachetés, blancs ou roux,
on est félin pour l'autre, c'est tout.

 

J'veux pas un cri minet l'un de vous,
mais ces tueurs sont par minou !
Je voudrais sortir la hache de guerre
mais elle est est trop en terre.

 

Faut une action immédiatement
pour la défense de l'envi-ronron-ement.
J'en donnerais volontiers le guépard
- et pas à la mi-août, ça sera trop tard !

 

 

 

L'ASPIRATEUR

 

Si on pouvait mieux me définir,
je sais que vous allez bien rire,
mais je tiens surtout de... l'aspirateur...
pas le modèle de la dernière heure
avec 43 balais et des poussières,
c'est clair, je suis pas né d'hier.
Cependant, toujours très branché,
j'aime le goût de la nouveauté.
On dit souvent que j'ai l'air manche ;
c'est mon esprit qui me démanche,
il est beaucoup trop Hoover
et la moindre peccadille l'effleure.
Mais je sais aussi souffler
n'importe quelle superfluité,
vider mon sac pour faire le ménage.
On devient plus lucide avec l'âge.
Sans ça, j'ai le moral sur les roulettes.
Je ne suis pas une simple époussette,
je suis un battant au combat, un as.
Normal, j'ai fait la lutte des crasses.
Si je remets parfois tout en cause,
c'est parce que j'aspire à autre chose :
joindre l'outil à l'agréable
pour rendre le monde plus affable.
Bref, maintenant, faut que j'me défile,
pas que ma vie ne tienne qu'a un fil,
mais moi Pass, Pass l'aspirateur...
j'dois appuyer sur l’accélérateur,
car demain, j'ai encore un spectacle
qui ne me portera pas non plus au pinacle.
J'm'en fous ! À la brosse tête, j'garantis
que je préfère l'ombre ou j'me tapis.

 

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